L'aventure...


Né à Rochefort-sur-Mer en 1966, je décide d’arrêter les études par soif d’aventure. Armé de mes carnets de dessin et d’un sac à dos, je pars me nourrir de multiples expériences. Je suis attiré par la pratique de la peinture mais, à tort ou à raison, je ne veux pas que l’on me l’inculque : Je serai autodidacte.
C’est de retour à La Rochelle, après un séjour d’une dizaine d’années outre-Atlantique où j’ai exposé et vendu mes premières toiles, que j’entreprends de détourner l’iconographie liée aux marins pêcheurs de la condition anecdotique et régionaliste qui lui est perpétuellement affectée.
 
Ce métier est sans âge, ce sont les derniers « chasseurs-cueilleurs » de nos sociétés modernes. Ce statut, il me semble, les pourvoit d’un immense héritage, d’une aura symbolique. Lorsque H. Melville nous conte une chasse à la baleine*, il dépeint autant la folie des hommes et leur étrange destinée qu’une simple pratique commerciale.
Si le poisson devient le symbole de ce que l’on cherche dans cette vie, alors nous sommes tous des pêcheurs. Que ce poisson soit Saint Graal ou leurre, notre quête est jalonnée des notions de subsistance, de partage, de convoitise, d’amour et de mort. Quelque soit notre but, nous naviguons tous, guidés par les phares que sont nos concepts idéologiques, poursuivant nos insaisissables baleines blanches.
Je m’attache à intégrer toutes ces dimensions dans mes œuvres afin que le marin pêcheur devienne un prétexte pour aborder des sujets plus intimes ou universels.
Le mystère doit toujours être présent, c’est peut-être ma quête personnelle : le droit de douter mais surtout,  ne pas affirmer. Je cherche à créer un équilibre entre d’une part, une atmosphère sombre, véhiculée en partie par l’expression grave de mes personnages inspirés des « arts premiers », et d’autre part un second degré, un humour provoqué paradoxalement par ce même excès volontaire de solennité et un graphisme proche de la bande dessinée. Je revisite aussi la tradition de l’ex-voto en créant des pièces que je décline en autels, fétiches et autres icônes. J’utilise alors des débris de bateaux et autres « laisses de mer » que j’agrémente de miniatures sur bois et modelages en céramique et porcelaine.
Je vis et travaille à proximité de Bordeaux.
 
C’est en lisant « le grand marin »** de Catherine Poulain que j’ai peut-être trouvé une réponse à la fréquente question quant à l’identification au marin: elle décrit en effet des marins pêcheurs qui, à l’instar de l’albatros de Baudelaire, ne sont pas dans leur élément sur la terre ferme, cherchant quelquefois  l’ivresse pour retrouver l’effet du roulis et qui n’ont qu’une hâte, c’est de repartir en mer…
Et le peintre de retourner dans son atelier pour se sentir à sa place.
                                                                                                                                              Ledœufre
www.ledoeufre.com
www.artmajeur.com/fr/member/ledoeufre
www.facebook.com/Ledoeufre
ledoeufre@live.fr
* « Moby Dick », Herman Melville, 1851
** « Le grand marin », Catherine Poulain, 2016, Edition de l’olivier